À lire, un article de G. Lavigne et C. Hazif-Thomas intitulé «Contention et troubles neurocognitifs – Transgression de l’éthique ou transgression éthique?», en pré-publication dans la revue Éthique & Santé (janvier 2026), dont voici le résumé:
«Le soin porté aux personnes atteintes de troubles neurocognitifs majeurs (TNC), par l’impuissance à laquelle il renvoie le pouvoir médical, suppose des défis qui ne sont pas sans rappeler ceux auxquels ont été confrontés les psychiatres avant l’avènement des neuroleptiques. Les TNC, au premier rang desquels se situe la maladie d’Alzheimer (MA), sont constitués d’un ensemble de maladies caractérisées par une dégradation acquise, significative et durable des fonctions mentales. Les symptômes psychocomportementaux de la démence (SPCD) sont source de difficultés pour les aidants et les soignants, de défi diagnostique et de risques thérapeutiques. Face à ces SPCD et aux dangers auxquels ils peuvent exposer, la contention physique est parfois employée. Les études s’intéressant au vécu des soignants à l’origine de mesures de contention identifient une hétérogénéité des perceptions de leurs indications, et des ressentis contrastés au moment de les mettre en œuvre. Certains soignants ont ainsi rapporté un sentiment de culpabilité, malgré la conviction de l’existence d’un impératif de sécurité du patient et de son entourage. L’ensemble des chartes et recommandations indique en creux que la recherche du bien d’autrui peut passer par le fait de restreindre sa liberté lorsqu’elle renvoie à une autonomie de la volonté défaillante. Mais si la préservation de la sécurité de la personne et de son entourage est bien une motivation fondamentale dans une telle pratique défensive, il est permis de se questionner sur la part de transgression éthique que la contention de la personne âgée peut comporter. Ce questionnement n’est encore que peu retrouvé dans les décisions du psychiatre et la conduite des soins des équipes psychiatriques.»