Le relativisme moral est une opinion de plus en plus répandue dans les sociétés occidentales modernes. Il ne consiste pas seulement à constater la diversité des normes morales, mais aussi à juger que toutes ces normes se valent : il n’existerait aucune valeur morale universelle, valable pour tous, mais seulement diverses conceptions du bien et du mal limitées à des cultures particulières. Tout jugement moral sur des coutumes étrangères, comme l’excision par exemple, serait dès lors illégitime. Ce petit livre de Steven Lukes, professeur de sociologie à l’Université de New York, nous présente les principaux arguments en faveur ou en défaveur de ce point de vue, à la croisée de la philosophie et des sciences humaines. L’auteur ne se contente pas de présenter le débat de façon claire et nuancée, mais il prend lui-même position. Certes, le relativisme moral a le mérite de remettre en cause nos préjugés moraux et de nous montrer qu’il existe de multiples formes de vie sociale légitimes. Mais poussé à l’extrême, il se contredit lui-même en faisant de la tolérance une valeur facultative parmi d’autres. Surtout, nous n’aurions alors plus aucun critère absolu pour distinguer les variations culturelles acceptables après mûre réflexion, même si elles nous choquent au premier abord, et celles qui sont condamnables en elles-mêmes, car contraires à la dignité humaine.
Bioéthique: mieux vaut un compromis imparfait qu’un consensus illusoire
À l’occasion des États généraux de la bioéthique qui sont organisés tout au long de l’année 2026, Christian Hervé et Henri-Corto Stoeklé, bioéthiciens, expliquent pourquoi la recherche d’un consensus paraît impossible sur des thématiques aussi complexes que l’intelligence artificielle, les examens génétiques et le don d’organe (Source: Le Figaro).