L’avènement de la bioéthique, figure de proue de l’éthique médicale contemporaine, met à l’épreuve la clinique. Sous son allure de déontologie défensive, elle permet certes d’assurer la protection de la dignité des patients face aux risques de dérives dans le cadre d’un soin technique, mais elle compromet le primat de la relation interhumaine de soin, qui constitue en clinique le moment fondateur de la responsabilité éthique. Comment dès lors repenser une clinique portée par une éthique qui articulerait ces deux figures du soin, irréductibles l’une à l’autre et pourtant indissociables dans la pratique de la médecine ? Puisant aux sources des pensées de Paul Ricœur et d’Emmanuel Levinas, cet ouvrage relève le défi et propose une philosophie du soin nourrie par une éthique de l’hospitalité et de la disponibilité, mise en œuvre dans l’exercice d’une sagesse pratique. Cette conception du soin façonne l’écrin au cœur duquel éthique et clinique peuvent être comprises comme les deux faces d’un même agir spécifique.
Bioéthique: mieux vaut un compromis imparfait qu’un consensus illusoire
À l’occasion des États généraux de la bioéthique qui sont organisés tout au long de l’année 2026, Christian Hervé et Henri-Corto Stoeklé, bioéthiciens, expliquent pourquoi la recherche d’un consensus paraît impossible sur des thématiques aussi complexes que l’intelligence artificielle, les examens génétiques et le don d’organe (Source: Le Figaro).