À lire un article de Marta Perin intitulé « From ethical challenges to ethics support: a mixed-methods study on implementing a clinical ethics committee in clinical practice (EVACEC) » publié dans le BMC (BioMed Central) Medical Ethics (septembre 2026)
Cette étude italienne analyse les conditions permettant à un comité d’éthique clinique de s’intégrer durablement dans le fonctionnement d’un établissement de santé.
Menée à Reggio Emilia, elle repose sur une enquête auprès de 273 professionnels de santé et sur cinq entretiens approfondis avec des professionnels ayant sollicité le comité. 80,6 % des répondants déclarent avoir rencontré au moins une difficulté éthique dans leur pratique, principalement des conflits décisionnels avec les patients, les familles ou entre équipes soignantes. Pourtant, seuls 57,7 % connaissent l’existence du comité et, parmi eux, 23,4 % déclarent avoir bénéficié d’au moins une de ses activités. À l’inverse, 85,7 % des utilisateurs évaluent très positivement le soutien reçu.
Les entretiens soulignent le sentiment de solitude des professionnels confrontés aux décisions difficiles et leur besoin d’un accompagnement extérieur, compétent et non jugeant. La délibération pluridisciplinaire favorise la clarification des enjeux, la justification des décisions et le partage de la responsabilité morale. Les principaux obstacles identifiés sont le manque de visibilité du comité, la méconnaissance de ses missions, les difficultés d’accès et le recours privilégié aux relations personnelles. Les auteurs recommandent de développer la formation à l’éthique, de simplifier les procédures de saisine et d’inscrire davantage le comité dans la vie quotidienne des équipes.
L’enseignement essentiel est que l’existence institutionnelle d’un comité d’éthique ne garantit nullement son appropriation par les soignants : son efficacité pratique dépend avant tout de sa visibilité, de son accessibilité et de la confiance qu’il inspire. (Source: BMC-ME via Springer)