A lire un article de Otavio De Marci Dala Rosa intitulé « Structurally conditioned autonomy and assisted dying: health equity, vulnerability, and end-of-life decision-making » dans le BMC (BioMed Central) Médical Ethics (septembre 2026).
Dans cet article de réflexion normative, Otávio De Marco Dala Rosa interroge la place centrale accordée à l’autonomie dans la justification de l’aide à mourir. Sa thèse est que l’examen classique de la capacité décisionnelle, du consentement éclairé et de l’absence de contrainte ne suffit pas : une décision peut être formellement libre tout en étant profondément façonnée par des conditions sociales et sanitaires défavorables. L’auteur propose ainsi le concept d’« autonomie structurellement conditionnée ». Celui-ci désigne une autonomie influencée non seulement par les préférences individuelles et les relations interpersonnelles, mais aussi par des facteurs plus larges :
- accès insuffisant aux soins palliatifs ;
- douleur ou souffrance psychique insuffisamment traitée ;
- pauvreté et insécurité financière ;
- isolement social ou sentiment d’abandon ;
- insuffisance des aides liées au handicap ;
- inégalités territoriales, raciales ou culturelles ;
- carences des soins de longue durée ;
- sentiment d’être une charge pour les proches.
La question éthique n’est donc plus seulement : « La personne est-elle capable, informée et libre de toute pression directe ? », mais aussi : « Dispose-t-elle réellement d’alternatives accessibles et suffisamment soutenantes pour que son choix soit substantiellement libre ? ». (Source BMC-ME via Springer).