A lire un article de Pierre Le Coz intitulé « Que peut-on attendre du médecin de demain ? Permanence de l’art de soigner à l’ère de l’innovation » publié dans le Bulletin de l’académie Nationale de Médecine (septembre 2026), dont voici le résumé:
Les innovations technologiques, l’intelligence artificielle et la numérisation transforment rapidement les pratiques médicales, mais elles ne modifient pas les grandes épreuves humaines auxquelles le médecin reste confronté. L’annonce d’une maladie grave, d’un handicap ou d’un pronostic défavorable continue de susciter sidération, déni, agressivité, rationalisation et ambivalence face à la vérité. Pierre Le Coz défend ainsi l’idée d’une permanence de l’art médical : au-delà des outils, la « scène clinique » repose toujours sur la rencontre, l’écoute, le toucher, la parole et la capacité du médecin à ajuster son discours à la vulnérabilité du patient. Informer ne consiste pas seulement à transmettre des données exactes, mais à trouver les mots, le ton et le moment justes, entre exigence de vérité, souci de douceur et respect du rythme d’appropriation de chacun. Le médecin de demain devra donc conjuguer compétences scientifiques et technologiques avec une solide intelligence relationnelle, éthique et psychologique. Plus la médecine se technicise, plus demeure essentielle cette capacité à reconnaître les mécanismes de défense du patient, à préserver la confiance et à accompagner humainement l’épreuve de la maladie – jusqu’à cette tâche délicate : dire la gravité sans enfermer la personne dans son pronostic.