« Cette patiente ne réalise pas qu’elle est en train de mourir. » « Papa oublie de plus en plus de choses, mais il prétend que c’est seulement à cause de l’âge. » « Je dis toujours qu’on peut être grosse et en bonne santé, mais je panique à chaque visite chez mon cardiologue. » De telles expressions semblent tout à fait pertinentes et bien intentionnées. Pourtant, l’évocation d’un déni – d’un refus de comprendre – de la part du patient comme des proches n’est jamais anodine. La suspicion d’illusion ou d’irrationalité que cette évocation présuppose peut altérer la relation de soin. En considérant qu’une personne est mal attachée à la réalité telle qu’elle est, ne risque-t-on pas en effet de la disqualifier en lui faisant perdre son statut de sujet libre, autonome et éclairé ? Problématisant les effets de l’accusation de déni et du mot d’ordre « il faut bien accepter » qui l’accompagne, la série de situations cliniques ici analysées met en lumière les possibles répercussions existentielles, éthiques et épistémologiques d’une catégorie médicale trop souvent tenue pour évidente.
Fin de vie: le Conseil constitutionnel valide la loi créant un droit à l’aide à mourir, en émettant trois réserves
Le Conseil juge notamment qu’un établissement privé peut refuser de pratiquer l’aide à mourir « lorsqu’une telle procédure est manifestement contraire aux missions statutaires ou au projet de l’établissement » et à condition qu’il ne soit pas seul à pouvoir répondre aux « besoins locaux » (Source: Le Monde).