Lorsqu’une juriste rencontre la philosophie tragique, cela donnenaissance à une « éthique tragique », qui se distingue d’une morale. Ce livre offre la parole à neuf penseurs, allant d’Héraclite à Walter Benjamin, en passant par Georges Bataille et Léon Chestov. Chacun d’eux, subversif et audacieux, a remis en question les valeurs qui ontété érigées en idéaux par la raison occidentale : le bien, le mal, la vertu, le vice, la justice et le droit. Leurs réflexions, intemporelles, prennent tout leur sens aujourd’hui, alors que nous faisons face à un manichéisme omniprésent. Ils nous rappellent l’ambivalence inhérente à la condition humaine et la réversibilité de ses aspects. L’éthique tragique se caractérise par sa capacité à appréhender l’existence dans sa globalité: la lumière nécessite l’ombre, et le bien ne peut exister sans reconnaître la place de son contraire. C’est cette particularité qui la distingue clairement de la morale. C’est précisément dans ce cadre que la pensée de ces philosophes trouve son actualité. Dans un monde en quête de positivité, qui tente de supprimer toute forme de négativité ou d’ombre, ils nous incitent à accepter la complexité et l’ambivalence des réalités humaines.
Fin de vie: le Conseil constitutionnel valide la loi créant un droit à l’aide à mourir, en émettant trois réserves
Le Conseil juge notamment qu’un établissement privé peut refuser de pratiquer l’aide à mourir « lorsqu’une telle procédure est manifestement contraire aux missions statutaires ou au projet de l’établissement » et à condition qu’il ne soit pas seul à pouvoir répondre aux « besoins locaux » (Source: Le Monde).