À lire, un article de Pierre Le Coz intitulé « CRISPR-Cas9 et IA: deux paradigmes gémellaires. Discours en l’honneur de deux lauréats du prix Nobel élevés à la dignité de docteurs honoris causa de l’Académie nationale de médecine », paru dans le Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine (juin 2026), dont voici le résumé:
« La présente contribution propose une analyse philosophique et éthique croisée de deux révolutions technologiques majeures de notre temps : l’édition du génome, notamment via CRISPR-Cas9, et l’intelligence artificielle. Ces innovations, comparables par leur portée aux grandes découvertes fondatrices de la modernité, transforment de fond en comble les pratiques scientifiques, médicales et sociales. Elles se caractérisent par une combinaison inédite de puissance et d’accessibilité, rendant possible l’exercice d’un pouvoir technique considérable par des acteurs toujours plus divers. Cette extension progressive s’accompagne d’une propagation accrue des risques, appelant une réflexion éthique renouvelée. S’il convient de se garder de tout catastrophisme, il n’en demeure pas moins nécessaire de reconnaître la réalité des dérives, mise en lumière notamment par l’édition génomique d’embryons humains en 2018. Le moratoire proposé en 2015 sur les modifications de la lignée germinale humaine offre l’illustration d’une approche équilibrée du principe de précaution, non comme un frein à l’action, mais comme un cadre de délibération collective visant à mettre en balance les risques de l’action et ceux de l’inaction. Il plaide en faveur d’une éthique de la prudence, entendue comme recherche d’un juste équilibre entre audace technologique et discernement moral. » (Source: Science Direct)