À lire un article de Nathalie van Dijk intitulé « The first 100 cases of organ donation after euthanasia in the Netherlands: lessons from preliminary experiences » publié dans BMC (Bio Med Central) Médical Ethics (septembre 2026).

Cette étude rétrospective analyse les 100 premiers cas de dons d’organes après euthanasie réalisés aux Pays-Bas entre 2012 et 2023. Ces procédures ont permis la transplantation de 408 organes. Les patients concernés souffraient principalement de maladies neurologiques (dont 52 % de maladies neurodégénératives ou de démences) et de troubles psychiatriques (31 %). Si cette pratique permet de respecter une ultime volonté altruiste, elle soulève d’importantes interrogations éthiques. Les auteurs insistent sur la nécessité de préserver l’indépendance absolue entre la décision d’euthanasie et celle du don d’organes, afin d’éviter toute pression sur le patient. La médicalisation des derniers instants, les contraintes techniques du prélèvement et le respect d’une mort digne constituent autant de tensions. L’éligibilité des patients souffrant de troubles psychiatriques ou de démence soulève des questions particulières concernant le discernement et le caractère irrémédiable de la souffrance. Les professionnels peuvent également éprouver une importante détresse morale. Les auteurs concluent à la faisabilité de cette pratique, tout en soulignant la nécessité d’un encadrement rigoureux privilégiant toujours l’autonomie, le confort et la dignité du patient sur les impératifs de transplantation. (Source: BMC-ME)

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