À lire, un article de Vilma A. Tripodoro et collègues intitulé « Le développement des soins palliatifs dans le monde: regards critiques depuis l’espace francophone », sous presse dans la revue Médecine palliative (mai 2026), dont voici le résumé:
Objectifs. Les soins palliatifs (SP) sont reconnus comme une composante essentielle des systèmes de santé et de la couverture sanitaire universelle. Pourtant, leur développement demeure profondément inégal à l’échelle mondiale. Ces disparités ne s’expliquent pas uniquement par des différences de ressources, mais reflètent des trajectoires historiques, des choix politiques et des cadres institutionnels qui conditionnent la place accordée à la fin de vie et à la vulnérabilité. Cet article propose une analyse critique du développement des SP à l’échelle mondiale, avec un accent particulier sur l’espace francophone.
Perspectives. En mettant en dialogue les approches historiques de cartographie et les cadres contemporains fondés sur des indicateurs standardisés, l’analyse s’appuie sur des évaluations internationales récentes et sur une analyse régionale de la situation des pays francophones au regard des indicateurs de l’Organisation mondiale de la santé. Elle met en évidence une hétérogénéité marquée et des inégalités structurelles persistantes, notamment en matière d’accès aux médicaments essentiels, de formation et de services spécialisés. L’examen de trajectoires nationales contrastées, telles que celles du Maroc et du Bénin, montre que ces retards ne sont ni uniformes ni irréversibles et souligne le rôle de la volonté politique et de l’intégration des SP dans les politiques publiques. La position de la France est discutée au regard de son rôle potentiel au sein de l’espace francophone.
Conclusion. Au-delà des classements, l’article défend une approche de l’évaluation des SP comme un processus technique, politique et éthique, qui ne prend sens que si elle contribue à la réduction des inégalités et à la reconnaissance du soulagement de la souffrance comme priorité de santé publique. (Source: sciencedirect.com)