A lire un éditorial de Els Van Wijngaarden dans l’American Journal of Bioethics (octobre 2026), intitulé « From Epistemic Injustice to Epistemic Imagination: Reframing Older Age, Disability, and Dying in Bioethics »

Les auteurs dénoncent la manière dont nos sociétés et nos systèmes de santé appréhendent trop souvent la vieillesse, le handicap et la fin de vie sous le seul angle du déclin, de la dépendance et de la perte d’autonomie. Cette représentation engendre une injustice épistémique : l’expérience et la parole des personnes âgées ou handicapées sont insuffisamment reconnues comme des savoirs légitimes. Mais les auteurs proposent d’aller plus loin, en développant une « imagination épistémique », c’est-à-dire notre capacité collective à concevoir autrement le vieillissement, la vulnérabilité et la mort. Ils contestent une conception de la vie réussie exclusivement fondée sur l’indépendance, la performance et l’autosuffisance. La dépendance et la finitude doivent être reconnues comme des dimensions constitutives de la condition humaine, et non comme des échecs. Cette perspective invite à dépasser une médecine essentiellement biomédicale pour privilégier une approche relationnelle, attentive aux liens, au sentiment d’appartenance et au sens de l’existence. Elle appelle également à associer véritablement les personnes concernées aux décisions et à développer des politiques intégrant soins, solidarité et participation sociale. Le message éthique central est que respecter la dignité ne consiste pas seulement à entendre les personnes vulnérables, mais aussi à transformer nos représentations pour leur permettre de vivre, vieillir et mourir dans des conditions porteuses de sens. (Source: Am J Bioethics)

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