Le groupe de travail Éthique et PMA existe depuis 2014. Il s’est imposé comme une évidence face aux difficultés croissantes rencontrées dans le monde de la Procréation Médicalement Assistée et au vide laissé par la Loi de Bioéthique, dont la France s’est dotée dès 1994 (revue en 2004 et en 2011, et bientôt en 2018).

C’est elle qui a posé le cadre de notre activité: pour bénéficier de la gratuité de la prise en charge, un couple doit être hétérosexuel, avoir une pathologie médicale avérée, être en âge de procréer, et avoir un “projet parental”. L’ âge de la mère est limité par le délai au-delà duquel la sécurité sociale ne prend plus en charge les patientes: le 43ème anniversaire.

Cette limite est cohérente avec la baisse naturelle de la réserve ovarienne et son corollaire: les résultats catastrophiques en termes de grossesse et d’enfants nés vivants. Mais que penser de l’âge du père? Il n’y a pas de limites “naturellement” imposée… Est-ce au médecin d’en imposer une? Au nom de l’intérêt de l’enfant et contre le désir des parents (adultes, majeurs en pleine possession de leurs moyens!)? Au nom d’une certaine “norme sociale”? La loi de bioéthique n’a pas jugé opportun de fixer un âge limite… pour laisser à chacun la liberté de le faire en son âme et conscience? Voici certaines des questions qui ont largement alimenté nos débats dès le commencement de nos travaux.

L’Espace Éthique Azuréen nous a accueillis et nous a aidés à constituer un groupe de réflexion, et plusieurs de ses membres nous ont accompagnés dans nos premières réunions. Partager nos questionnements avec des philosophes, des psychologues, des psychiatres, des médecins d’autres spécialités, des juristes, et des citoyens du monde est indéniablement une incroyable richesse. Tout cela nous a aidés à trouver des consensus et à poursuivre sereinement le cours de notre activité.

Depuis, les questionnements n’ont jamais cessé, et nos séances évoluent au fil des thèmes et des différents cas cliniques présentés.

Par exemple:

  • Pouvons-nous aider un couple dont la mère est porteuse d’un handicap sévère, voire qui risque sa vie pour porter la grossesse (mucoviscidose), ou qui a eu un cancer quel qu’il soit dont le pronostic n’est pas très bon? Quel délai de survie peut-on accepter s’il s’agit de la mère? Et s’il s’agit du père?
  • Pouvons-nous aider un couple de sourds-muets sachant que l’enfant a de très gros risques d’être lui-même sourd-muet?
  • Compte tenu de la préservation des spermatozoïdes ou des ovocytes qui est proposée aujourd’hui à chaque fois qu’une personne va subir un traitement potentiellement gonadotoxique, quel discours tenir sachant que dans bien des situations l’état clinique des patients ne nous permettra pas de proposer une suite à la prise en charge de l’infertilité?
  • Et que faire face à la pathologie psychiatrique?

Par ailleurs, notre société évolue et notre spécialité est au cœur du mouvement: doit-on proposer la préservation des ovocytes à toute jeune femme pour qu’elle puisse retarder sa grossesse? Acquis tardif de la libération de la femme ou “marché de dupes”? Et doit-on ouvrir la PMA aux couples de femmes homosexuelles et aux femmes seules? Est-ce soutenir alors que le père est inutile? Est-ce la société qui doit payer pour cette extension du désir d’enfant? Y-a-il un droit à l’enfant?

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Notre groupe est constitué de l’ensemble du corps médical et paramédical de notre Centre de Reproduction (partie clinique et partie biologique). Nous avons organisé nos réunions de concert avec le Centre Matisse, notre homologue du privé, et nous discutons ensemble des dossiers de chacun. Selon le cas, des experts ou des personnes d’autres horizons viennent nous apporter leur contribution. Nous accueillons tous ceux qui sont intéressés et qui veulent bien investir un peu de temps au long cours.

Nous nous réunissons le premier lundi tous les 2 mois de 19h00 à 21h00 dans la salle de Staff du Pôle de Gynécologie Obstétrique et Médecine de la Reproduction au niveau 0 de l’Archet 1. Les dates de réunions sont communiquées en début d’année et rappelées à chaque courrier. Le thème de la réunion est envoyé par courrier électronique une semaine avant. Chaque cas clinique fait l’objet d’un compte rendu écrit qui est colligé et éventuellement rediscuté à la lumière de nouvelles situations.

Notre groupe est joignable en contactant nos secrétaires: centre-de-reproduction@chu-nice.fr, le Dr Isnard: isnard.v@chu-nice.fr, ou notre psychologue Valérie Benoit: benoit.v@chu-nice.fr