Les patients doivent oser raconter leur histoire, et les médecins réapprendre à les écouter. L’exercice de la médecine est devenu si complexe, si technique, si contraint, que l’échange avec le malade en vient à être considéré comme accessoire. Les étudiants sont d’ailleurs très peu formés à solliciter le patient sur ce qu’il vit et ressent de sa maladie.

On commence seulement à en mesurer les conséquences dommageables pour le patient, comme l’ont montré les professeurs de médecine Anne Révah-Levy et Laurence Verneuil dans leur livre Docteur, écoutez !, et dommageables pour le médecin. Cet appauvrissement de la relation participe à la perte de sens et la souffrance au travail dénoncée par les jeunes médecins dans leur récente lettre ouverte à la ministre de la Santé.

L’enseignement de la “médecine narrative”, intégré à titre expérimental depuis six ans dans les études en médecine à l’université Paris Descartes, offre une piste pour répondre à ce mal-être. Cette discipline née aux États-Unis consiste à apprendre au médecin à analyser le discours du patient et à renforcer, ainsi, “l’alliance thérapeutique”, autrement dit la volonté des deux d’avancer dans la même direction. On peut aujourd’hui tirer un bilan positif de cette expérience, unique en France (Auteurs: Véronique Lefebvre des Noettes et Francois Goupy dans “The Conversation”).

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