Un article de J. Baubérot paru dans la revue Ethics, Medicine and Public Health (en français), dont voici le résumé:

“Cet article propose un panorama des rapports entre l’institution médicale, l’éthique et les politiques publiques en France, de 1789 à aujourd’hui, dans une perspective de sociologie historique de la laïcité. Trois seuils de laïcisation peuvent être distingués. Le premier seuil est celui où la religion sert toujours de fondement à la morale publique, mais aussi où la médecine devient progressivement une activité morale par elle-même. Elle se trouve en phase ascendante. Les conflits entre l’éthique médicale et la morale religieuse sont nombreux (fin XVIIIe–XIXe). Le deuxième seuil marque l’établissement de la médecine, qui devient l’institution morale par excellence d’une société où la religion, et ses valeurs morales, sont privatisées et doivent s’acclimater aux exigences de l’institution médicale. Le pouvoir du médecin remplace celui du prêtre comme personnage moral (fin XIXe – années 1970). Avec le troisième seuil, l’interrogation éthique s’applique progressivement à la médecine elle-même, les « droits du malade » constituent une nouvelle exigence morale qui culmine avec le droit de « mourir dans la dignité » et la prise en compte des exigences morales du patient. La bioéthique née dans ce contexte. Malgré des résistances, l’institution médicale s’adapte à cette nouvelle situation (années 1970–…).”

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