À lire, un article de Mathieu Noury intitulé “Nanomédecine et médecine personnalisée : appréhender le sens et les défis de la personnalisation du soin à l’heure des technologies moléculaires” et paru dans le Journal international de bioéthique et d’éthique des sciences 2019, 1, 30, dont voici le résumé:

“La nanomédecine – l’application des nanotechnologies à la médecine – est considérée comme une révolution médicale qui promet de radicalement transformer les soins de santé. L’une de ses grandes promesses est d’être une « médecine personnalisée », c’est-à-dire plus individualisée, qui, à partir d’un diagnostic et d’un traitement « sur mesure », offre la promesse d’une médecine prenant en compte la « spécificité » de chaque patient. Les technologies nanomédicales sont en effet vues comme l’élément clé permettant la réalisation pratique du concept de « médecine personnalisée ». Mais qu’entend-t-on précisément par ce concept ? Quelle conception du soin sous-tend le concept de médecine personnalisée à l’heure des technologies moléculaires ?
Basée sur une série d’entrevues avec des chercheurs canadiens en nanomédecine, cet article propose d’éclairer la spécificité et les implications du concept de médecine personnalisée, tel qu’il est appliqué dans la recherche nanomédicale. Il propose d’examiner la réponse de la nanomédecine au défi de la personnalisation du soin au regard de l’analyse de la représentation que ces chercheurs se font du concept de médecine personnalisée. Deux grands thèmes interdépendants émergent de l’analyse proposée : (1) une représentation moléculaire de l’individualité du patient et (2) une représentation technique de la personnalisation du soin. Ces deux thèmes révèlent la manière dont le concept de médecine personnalisée est assimilé dans la recherche nanomédicale et, plus largement, dans la recherche biomédicale actuelle. Ils permettent d’éclairer les enjeux du développement d’une conception « techno-moléculaire » de la personnalisation du soin et interrogent la capacité d’une telle conception à réellement inclure la personne au centre du soin.”

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