La revue Éthique publique lance un appel à contributions pour son numéro de juin 2020 sur le thème des risques et défis des débats publics sur les sujets sensibles.

La date limite pour envoyer vos propositions est le 04 octobre.

Les théories contemporaines de la démocratie insistent sur l’importance de la délibération publique et de la participation citoyenne comme vecteurs de légitimité politique dans l’élaboration de politiques publiques et de lois. En principe, d’un point de vue démocratique, il semblerait que l’on doive toujours militer pour une plus grande participation du public aux grands débats qui agitent nos sociétés. Mais la question devient plus difficile lorsque l’on considère les risques de dérapages associés aux débats publics qui touchent à des sujets sensibles, qui divisent et polarisent la population. C’est pourtant dans de tels cas, lorsque s’affrontent des valeurs, des positions morales et des convictions profondes difficilement conciliables, que les gouvernements sont souvent tentés d’organiser des processus de consultation qui mobilisent la participation du public à travers différentes modalités. Cette participation du public apparaît souvent comme un des temps forts de tels processus de consultation, puisqu’elle contribue à donner le ton au débat public général. Voilà aussi pourquoi elle constitue un exercice périlleux, dont les effets peuvent se faire longtemps sentir et influencer notre capacité à aborder et traiter les problèmes complexes auxquels nos sociétés font face.

Dans de tels contextes, il semble qu’il ne suffise pas d’en rester aux poncifs habituels concernant l’importance du débat public, mais qu’il faille évaluer les bénéfices potentiels que l’on peut espérer retirer de tels exercices (en termes d’information de la population, de maturation du débat public, de légitimité des décisions politiques, etc.) en regard des risques qui leur sont associés, tant du point de vue des groupes plus vulnérables que de la tonalité générale de l’espace public. On doit donc, d’une part, réfléchir aux finalités de tels processus, s’interroger sur leur justification d’un point de vue normatif, et, d’autre part, approfondir la réflexion sur leurs modalités : quelles sont les conditions qui permettent de favoriser leur “réussite” ?

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