À lire, un article de Laetitia Marcucci et Olivier Rabary paru dans la revue Éthique et santé 17, 1 (2020), intitulé Le don du corps à la science : un acte généreux révélateur de conflits de valeurs, dont voici le résumé:

Le don du corps à la science, acte généreux, engage la responsabilité juridique, morale et sociale des laboratoires d’anatomie qui reçoivent les dépouilles pour des travaux à visée pédagogique et de recherche scientifique. L’utilité sociale des recherches et la formation des médecins constituent une contrepartie au don. La dette contractée auprès du donneur peut ainsi être effacée si les préjudices moraux potentiellement subis par la famille sont également pris en compte. L’utilisation des dépouilles léguées fait apparaître des conflits entre les valeurs morales, d’autant plus prégnants que le statut de ces dépouilles humaines reste problématique tant d’un point de vue anthropologique que juridique. Cette pratique soulève aussi des enjeux philosophiques et éthiques. Le droit patrimonial considère ces corps comme des choses, cependant le droit positif consacre le principe de la dignité de la personne humaine et de l’inviolabilité de son corps, y compris après la mort. Il est nécessaire de renforcer les règles de droit protégeant la dignité et l’autonomie des donneurs afin d’assurer la continuité des travaux sur les corps légués. Il est également souhaitable d’apporter des améliorations dans les procédures de don afin de mieux respecter les réalités anthropologiques concernant la mort et ses rituels et de limiter les atteintes aux principes éthiques.

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