À lire, un article d’Alizée Lajeunesse (département d’anthropologie, Université de Montréal) intitulé «Prise de décision, répartition des ressources médicales et personnes âgées en contexte de COVID-19: une anthropologie de et pour la bioéthique», paru dans la Revue canadienne de bioéthique (Volume 5, numéro 4, 2022, p. 5–19), dont voici le résumé:

«Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, les pratiques décisionnelles liées à la répartition des ressources médicales et au traitement des personnes âgées nous renseignent sur les éthiques présentes en milieu de soin et au niveau sociétal. La comparaison entre la prise de décision dans le contexte quotidien et les particularités d’une éthique de pandémie met en lumière les tenants du passage entre une éthique hors pandémie et une «pandéthique».

L’approche éthique de santé publique, notamment utilitariste, a été mise de l’avant d’une manière prépondérante dans les débats et dilemmes éthiques entourant l’allocation des ressources et la priorisation. En soulevant les oppositions et enjeux associés aux discours et aux choix du rationnement en fonction de l’âge émerge la question du traitement des personnes âgées en contexte de COVID-19, et de l’âgisme vécu dans ce contexte.

En parallèle, les décisions et choix éthiques difficiles s’entremêlent au duty to care du soignant, et par conséquent à la possibilité de blessure morale. Un conflit émerge entre les pratiques éthiques décisionnelles et les valeurs personnelles ou professionnelles du soignant, alors que l’équilibre entre ses divers devoirs est bouleversé.

Des approches et éthiques alternatives sont ainsi mises de l’avant à la lumière des situations vécues, notamment en contexte de soin de longue durée. La thèse développée vise à soutenir la valeur ajoutée de l’anthropologie aux processus décisionnels et son intégration plus formelle aux approches bien connues en bioéthique.

À partir du regard anthropologique, nous ouvrons en conclusion sur des pistes de réflexion associées aux éthiques de la discussion, de la vulnérabilité, féministes, ou encore du care comme d’autres manières d’aborder la prise de décision en contexte de pandémie, à un moment où la réflexion éthique et sociale s’impose comme capitale.»

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