Une opinion de Valérie Kokoszka, docteure en philosophie, maître de conférences, Centre d’éthique médicale, Faculté de médecine et de maïeutique, Université catholique de Lille.
 
Chacun se prépare à un possible rationnement des soins, à une “priorisation” des patients et à la question vertigineuse : “Qui soigner ?” Deux règles éthiques – utilitariste ou humaniste – guident notre action, et notre responsabilité.
 
La progression exponentielle de la pandémie du coronavirus fait craindre une saturation rapide des hôpitaux et, avec elle, la mise en œuvre d’une logique de rationnement des soins, de “priorisation” des patients. Par là, il faut entendre le choix douloureux entre les vies que l’on traite et celles que l’on renonce à traiter, au terme d’une équation à plusieurs inconnues. À qui les soins devraient-ils être prioritairement administrés et selon quels critères ? De quelles coordonnées éthiques et déontologiques pourrait se doter une gestion de l’urgence médicale, entreprise par une logique de rationnement dont l’envers tacite est une logique du sacrifice, entre nous ? N’est-ce pas une question qu’une démocratie vivante et mature devrait confier au politique et au débat collectif ? (Source: La libre Belgique)

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