À lire, un article de Klaus Hoeyer, Aaro Tupasela et Malene Bøgehus Rasmussen paru dans la Revue d’anthropologie des connaissances 2019/2, 13, intitulé “Codes d’éthique et travail éthique dans la recherche et le partage des données génétiques transnationales. Flux, non-flux et débordements” et dont voici le résumé:

“Depuis quelques années, les collaborations internationales dans la recherche médicale font l’objet d’une attention stratégique accrue. Un certain nombre de codes ont ainsi été élaborés afin d’améliorer le partage des données, d’assurer le libre accès et d’harmoniser les normes internationales et les principes éthiques dans l’idée de promouvoir l’accès aux ressources existantes et de favoriser la production de découvertes scientifiques. Parallèlement à cette promotion du partage des données, de nombreux codes d’éthique se sont attachés au contrôle de la circulation des données et à la protection la vie privée et de la confidentialité. Cependant, ces deux tendances accordent peu d’attention aux décisions morales et aux relations sociales qui se déploient dans la routine quotidienne du travail scientifique. Cet article prend comme point de départ les pratiques d’un laboratoire danois ayant une expérience importante dans la collaboration internationale en matière de recherche génétique. Nous traitons ici d’une question simple : qu’est-ce qui fait circuler le matériel génétique et les données de santé et quels sont les espoirs et les craintes qui les accompagnent ? Nous explorerons ce que nous appelons les flux, les non-flux et les débordements de matériel et d’information, et nous documentons le travail de production des flux de données de santé et de biomatériaux. Nous appelons ce travail « travail éthique » et soutenons qu’il est essentiel pour permettre le partage des données bien qu’il soit rarement formulé dans les codes d’éthique, qu’il demeure insuffisamment financé et n’est pas reconnu dans les politiques de promotion du partage international des données.”

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