En 1919, on parlait déjà du rendement des soignants à l’hôpital public. 100 ans plus tard, on découvre avec le coronavirus les chiffres du nombre de lits supprimés en France : on est par exemple cinq fois moins bien couvert en réanimation qu’en Allemagne. Retour sur 40 ans de politique hospitalière.

En 2012, bien avant l’épidémie de coronavirus, j’avais été reçue en consultation d’orthopédie, service chirurgie du membre inférieur, à l’hôpital Cochin à Paris, pour me faire enlever du matériel qui se promenait dans le quadriceps. L’interne avait écourté sèchement : “Impossible de le faire en ambulatoire, donc ici on ne le fera pas.” Le temps d’apprendre quelques rudiments de géographie hospitalière parisienne et de vérifier la couverture de ma mutuelle, et j’ai fini par me faire opérer ailleurs – parce qu’aussi je pouvais me le permettre.

“Ambulatoire” est le terme utilisé par le monde médical pour désigner la prise en charge des patients à la journée. Techniquement, il y a bien hospitalisation, mais le patient arrive le matin et repart le soir. Il ne dort pas à l’hôpital. Quand, parfois, le patient arrive la veille, pour un passage au bloc au réveil, puis repart dans la journée : on appelle alors ça “séjour court terme”. Ce mot, “ambulatoire”, et le tournant qui va de pair dans les réformes hospitalières menées depuis près de trente ans, sont clé pour comprendre la pénurie de moyens que la pandémie actuelle révèle (Auteure: Chloé Leprince via France Culture).

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